Geneviève Andrieu

 genevieve.andrieu@compagnieduroijosef.fr

 

C’est une histoire de voix. Et c’est une histoire de femme.

L’histoire de ces femmes traversées par des voix. Cela vous dit quelque chose ? Dans l’Antiquité, on les enfermait dans des temples. De loin on venait les entendre. Du bout du monde. Mais elles n’avaient pas de nom, elles n’avaient pas de vie. C’était la condition…

Elles n’ont pas disparu. C’est juste qu’aujourd’hui les temples ont des parois de verre. On n’y vient plus consulter l’oracle. On y enrôle une majorité de femmes dans le rôle de passeurs. Passeurs des voix des grands auteurs par exemple. Voix qui les traversent et les abandonnent, déchirées, vides. Dans ce rôle de passeurs, elles se sont épuisées, elles ont perdu leur vie.

Elles n’ont pas disparu. Elles revivent en celles qui décident un jour de sortir du temple où elles sont enfermées. La voix des dieux ne passera plus par elles. C’est alors que dans le vide d’autres voix se font entendre. Voix jusqu’alors étouffées, méprisées, voix qui leur parlent d’elles. Ces voix peu à peu s’animent, s’agitent. Fantômes tourmentés, voici qu’elles demandent à vivre. Cette fois, celle qui leur donnera vie, par l’écriture, vivra.

Je suis une de ces femmes.

Donner vie aux fantômes qui m’habitent en écrivant pour le théâtre.