Porte

Et je me suis retourné vers mon temps futur.

 

Un espace blanc et vierge. Tout est à écrire. Le premier pas est incertain. Je ne sais où j’avance. Qu’est-ce qui a changé depuis la veille ?

 

Je suis le même, avec le même début de calvitie, la même taille, le même désir d’aller prendre le samedi un café au bistrot de l’angle. J’habite le même endroit, rempli de cet autrefois qui me regarde comme un œil surveille. Je regarde le temps se dilater devant moi.

 

J’ai franchi une frontière dont j’ignorais l’existence. Une frontière que l’on ne franchit qu’une seule fois et dans un seul sens. Si l’on est attentif, on peut entendre un léger clac juste après l’avoir franchie comme le bruit d’une porte qui se referme tout doucement pour ne pas réveiller un l’enfant. Une fois de l’autre coté, nul besoin de se retourner pour vérifier que la porte est fermée. Il n’y a plus qu’à avancer, et avancer encore.